Elle est originaire de Ségou ''Sikoro ani balanzado'', ou l'île de Da Monzon. Son mari Ballaké Sissoko est un grand joueur de Kora devant l'éternel. Mariée et mère de quatre enfants, Mama Draba est très connue à travers son album intitulé «Kedo».
Elle vit à Paris, elle était à Bamako pour l'an 1 du décès de sa maman Aminata Fané. Elle en a profité pour aller rendre visite à ses Jatigiw, parents, amis et connaissances. En France, elle est à la disposition de toutes les communautés Malienne, Sénégalaise, Ivoirienne, Centrafricaine, Congolaise etc. Ce qui ne l'empêche pas de participer à des festivals à travers la France.
«Je fais les sumu lors des baptêmes, mariages. La force d'une griotte ce sont ses Jatigiw, mon souhait est d'avoir de bons Jatigiw, parce que ce sont eux qui nous connaissent et savent notre valeur. Je vis de mon griotisme à Paris des cérémonies traditionnelles».
C'est en 1984 que Mama Draba est arrivée à Paris. Une première maternité en 1986. l'enfant n'a pas malheureusement survecç. Elle a fait 13 ans dans un premier mariage avant de revenir au pays où elle s'est remariée avec Ballaké Sissoko pour repartir avec ce dernier vivre en France «Pour l'aventure est un destin, sans quoi je pensais plus retourner à Paris après mon premier mariage».
Elle a eu quatre enfants avec Ballaké Sissoko deux garçons et de deux filles. Sur le plan professionnel Mama Draba a fait deux albums avant d'aller vivre en France, où elle continue de se produire avec son mari. Actuellement elle est sur un album, qui «devrait sortir avant ce mois, mais comme j'étais en enceinte malheureusement j'ai fait fausse couche. C'est ce qui a retardé les choses sinon j'ai fini le travail de studio».
''Le voyage sans retour'' est le titre de l'album «Dougou Taga Seguibali» dédié à sa mère Aminata Fané. Il y huit titres uniquement basés sur les traditions africaines, des conseils pour les belles s½urs pour qu'elles s'entendent avec les femmes de leurs frères dans le foyer. Elles doivent être dociles pour que la vie dans la communauté puisse être paisible. «Dans cet album je parle du voisinage, de la vie conjugale entre époux et épouses, sur l'amour et l'entent dans la vie surtout la vie de couple. La reconnaissance pour mes bienfaiteurs, mes Jatigiw».
Excepté la nostalgie des parents, l'enfant de Ségou se sent à l'aise en France. Selon elle, «si une griotte est sûre d'elle-même, elle doit pouvoir vivre en France, tirer bénéfice. Tout ce que j'ai demandé au bon Dieu, il me l'a donné. Tout dépend de Dieu, il y a des moments difficiles mais aussi des moments stables. Je n'ai eu que du bonheur et des bons Jatigiw en France».
Le dernier concert de Mama Draba au Mali date de 2002. Elle sera en janvier prochain à Bamako et travaillera avec Salif Keïta et Sékou Keïta, le grand maître danseur sur son album. Des concerts sont prévus. Elle projette composer un morceau sur la coupe abusive du bois pour sensibiliser les populations sur l'importance du reboisement dans un pays comme le notre.
Tout au long de l'entretien Mama n'a cessé de saluer ses Jatigiw de Bamako, comme Kadiatou Nourou, le fils de Siné Salif Keïta, les enfants de Fadiala, Mariam Bébé Diallo, et Sékou Keïta. Mama Draba se dit prête pour la fête du cinquantenaire de notre pays, «que ça soit à Bamako ou à Paris je suis à la disposition des organisateurs».
Kassim TRAORE